Une collaboration vénitienne : la boutique du Musée Guggenheim et Tokiko

Une collaboration vénitienne : la boutique du Musée Guggenheim et Tokiko

Il y a des villes qu'on croit bien connaître. Venise en fait partie. On pense avoir tout vu, tout dit, tout représenté de cette ville impossible. Ses canaux, ses ponts, ses calli étroites, sa façon d'être à la fois familière et insaisissable. Et puis une collaboration arrive, et elle vous oblige à regarder Venise autrement. À la voir avec les yeux de quelqu'un d'autre, à lui donner une nouvelle palette, une nouvelle intention. C'est exactement ce qui s'est passé avec la boutique du musée Guggenheim de Venise.

Un mail, une idée, une évidence

Tout a commencé par un message. L'équipe de la boutique du Peggy Guggenheim Collection nous a contactés un jour. Un de ces messages qui vont droit au but, avec une idée claire et une envie sincère de collaborer. Ils avaient découvert Tokiko, ils aimaient ce qu'on faisait avec les plans de villes, et ils voulaient quelque chose de spécifique : leur musée, leur bâtiment, leur adresse vénitienne, intégrés dans notre plan de Venise.

Pour nous, c'était une invitation magnifique. Le Peggy Guggenheim Collection est l'une des institutions artistiques les plus importantes d'Europe. Installé dans le Palazzo Venier dei Leoni, ce palais du XVIIIe siècle inachevé qui s'étire au bord du Grand Canal dans le sestiere de Dorsoduro, le musée est lui-même un objet esthétique avant d'être un lieu d'exposition. Le représenter dans notre plan de Venise, c'était lui rendre une forme d'hommage cartographique.

Venise revisitée : le bleu cobalt et le rouge

On avait déjà notre plan de Venise. Mais cette collaboration appelait quelque chose de différent, de plus affirmé, de plus artistique, cohérent avec l'univers d'un musée d'art moderne et contemporain comme le Guggenheim.

On a travaillé sur une nouvelle déclinaison colorielle : le bleu cobalt. Une teinte profonde, riche, presque vénitienne dans son intensité, ce bleu qu'on retrouve dans les mosaïques de la Basilique Saint-Marc, dans le reflet du Grand Canal par temps clair, dans les œuvres de certains artistes que le musée a contribué à faire connaître au monde. Sur ce fond bleu cobalt, le Palazzo Venier dei Leoni apparaît en rouge vif, mis en valeur, immédiatement identifiable.

Le résultat : deux versions du plan, deux affiches distinctes — une en noir et rouge, une en bleu et rouge. Deux façons d'habiller Venise, deux humeurs, deux atmosphères. La version noir et rouge, plus graphique, plus contrastée, presque expressionniste. La version bleu cobalt et rouge, plus profonde, plus envoûtante, avec quelque chose qui évoque la lagune au crépuscule.

Anna dessine le Palazzo Venier dei Leoni

Comme toujours chez Tokiko, c'est Anna qui s'est chargée de l'illustration. Dessiner le Palazzo Venier dei Leoni, c'est un exercice particulier. Ce bâtiment n'a pas la verticalité des palais vénitiens classiques — il est resté inachevé, ramassé sur lui-même, avec une terrasse qui donne directement sur le Grand Canal et une façade basse qui tranche avec la grandeur de ses voisins. C'est cette singularité qu'Anna a cherché à capturer : la silhouette reconnaissable du palazzo, son rapport particulier à l'eau, la façon dont il s'ancre dans le tissu serré de Dorsoduro.

Intégrée dans le plan de Venise, cette illustration devient un repère. On cherche le bâtiment dans la carte, on le trouve en rouge, et soudain toute la géographie du sestiere prend sens autour de lui — le pont de l'Accademia tout proche, la largeur inhabituelle du Grand Canal à cet endroit, les ruelles qui mènent vers le Campo Santa Margherita.

Un souvenir à la hauteur du lieu

Ce qui rend ce projet particulièrement juste, c'est l'adéquation entre l'objet et le contexte dans lequel il sera vendu. La boutique du Peggy Guggenheim Collection accueille des visiteurs du monde entier, des amateurs d'art, des gens pour qui Venise n'est pas seulement une destination touristique mais un pèlerinage culturel.

Repartir avec un poster du plan de Venise, bleu cobalt et rouge, avec le palazzo illustré par Anna, précis et beau, c'est emporter quelque chose qui va au-delà du souvenir classique. C'est avoir sur son mur une carte qui raconte une visite, une émotion, un après-midi passé dans les salles du musée avant de ressortir face au Grand Canal.

C'est exactement ce pour quoi Tokiko existe : transformer un lieu en objet, et un objet en mémoire. Notre plan de Venise est disponible sur notre site .

Ce que Venise nous a appris encore une fois

On pensait bien connaître Venise. On avait déjà travaillé sur son plan, déjà réfléchi à sa géographie si particulière, cette ville sans voitures, sans rues au sens habituel, construite sur l'eau et pourtant si dense, si précise dans son organisation.

Mais travailler pour le Guggenheim nous a obligés à regarder Venise avec une nouvelle intention. À choisir des couleurs qui lui ressemblent autrement. À mettre en valeur un bâtiment qu'on aurait peut-être effleuré, et qui méritait d'être au centre.

C'est ça aussi, une belle collaboration : elle ne vous demande pas seulement de produire quelque chose. Elle vous demande de voir différemment. Et Venise, décidément, n'a pas fini de nous surprendre.

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